Ecologie et Numérique, l’avenir en Commun

Ecologie et Numérique, l’avenir en Commun

pour une Région de l’innovation économique, citoyenne et inclusive.

 

par Claire MONOD – Julien BAYOU – Gilberte CARON, candidatEs EELV en Ile de France avec Emmanuelle Cosse

Tribune publiée sur Mediapart

 

Nous percevons tous la formidable mutation qui est en marche, aussi complexe que certaine. Accélération, décomposition, recomposition… Notre monde bouge à chaque « clic ». L’ancien monde a atteint la limite de ses ressources, un autre le pousse. Les écologistes ont alerté et anticipé ce mouvement porteur d’espoir. Nous voulons à présent l’éclairer, lui donner sens, organiser et faire fructifier la convergence des mutations écologiques et numériques dans un projet politique innovant, global et partagé.

En 2015, une large part de l’inventivité est tournée vers le développement de services rendus possibles par le numérique. Particulièrement ceux qui permettent de résoudre l’équation complexe de notre temps : lutte contre le dérèglement climatique,  amélioration sociale, citoyenneté augmentée et construction d’un nouveau modèle économique. Cette convergence est un souffle, la source d’un imaginaire sans limite qui permet de sortir d’une époque structurée par une économie qui a montré ses limites. La page qui allie numérique et écologie est à écrire, tout le monde peut participer à cet immense potentiel. Leur combinaison présente une réserve de créativité considérable qui repose sur des valeurs fondatrices très proches. Sens du partage, de la responsabilité, reconnaissance des biens communs, développement du lien social, de la solidarité, nécessité du collaboratif, expérience du sensible, de la convivialité, de l’usage, respect des droits et des libertés… Mais elles partagent aussi les risques et les dérives du monde libéral, précarisation sociale, exclusions, inégalités territoriales, explosion de la consommation énergétique, réduction des libertés individuelles et captation privative du bien contre l’intérêt commun. Ces bouleversements obligent à explorer les fondations même de notre système car ils rendent obsolète, pour le meilleur et pour le pire, l’ensemble du modèle, industriel, social et politique attaché à un état de la technologie qui remonte à la fin du 19e siècle.

En première ligne de cette mutation fulgurante, la Région Île-de-France a un rôle fondamental. Forte de ses compétences (développement économique, transport, aménagement, environnement, formation…) et sa capacité d’innovation, l’engagement doit être pris dès maintenant de la mise en œuvre d’un projet régional, d’une vision commune résolument tournée vers l’avenir. En Île-de-France alors qu’une partie foisonne d’innovation et bouillonne d’énergie, une autre perd pieds et s’abîme en silence. Les espoirs sont nombreux, les fractures aussi. Conduire l’action publique régionale dans les années qui viennent nécessite beaucoup d’ambition et une boussole solide pour développer, avec les Franciliens-nes, simultanément : un nouveau cadre enthousiasmant de production de valeurs et de développement économique, un nouveau cadre de vie contenant efficacement l’empreinte environnementale et, un système généreux d’inclusion des plus vulnérables. Ensemble il nous revient de révéler cet imaginaire chaque jour plus explicite, de bâtir une culture du bien-vivre et du bien commun, d’organiser ainsi une transition la plus harmonieuse possible, enfin, de construire l’avenir en commun d’une Région vivante car innovante, écologique, solidaire et citoyenne. Pour cela, les écologistes proposent dès 2015 d’agir concrètement dans quatre directions cohérentes et complémentaires.

Les nouvelles économies, sociales, solidaires et numériques constituent un gisement considérable en matière d’emploi et de création d’entreprises. Elles reposent sur la transformation du rôle des acteurs, producteurs et consommateurs, de leurs liens qui grâce aux TIC peuvent être plus participatif, collaboratif, circulaire, dans le sens du partage, du service et du bien commun. Pour en permettre le plein épanouissement, le soutien des initiatives a besoin au niveau régional de reconnaitre le droit à l’expérimentation pour les créateurs d’entreprises, en leur proposant d’avantage de moyens, de lieux pour les accueillir (coworking, incubateurs, fablab, tiers lieux, ateliers, jardins partagés..) le développement d’un schéma régional du travail à distance, plus généralement d’espaces d’émergence des nouvelles formes de travail, de production locale en réseau et d’industrialisation de proximité. Mais aussi de développement des filières de formations adaptées, d’accompagnement des chefs d’entreprises et d’incitations. Le soutien et la formation des publics femmes et jeunes vers le numérique est une priorité pour l’emploi. La Région est un acteur public privilégié qui peut aller plus loin dans l’accompagnement pour l’accès aux fonds propres et la prise de participation dans les structures innovantes par la création d’un fond d’investissement dédié. Elle doit également assurer la couverture du haut débit sur le territoire francilien.

 L’inclusion et la solidarité sont les conditions de la réussite de la transition et nécessitent la réalisation d’un plan régional de soutien à la médiation numérique. L’accompagnement et la formation des acteurs sociaux, l’aide à l’accès aux services publics en ligne, le soutien et la création de nouvelles filières de formations professionnelle dédiées, le développement des Ecoles du Numérique pour toutes et tous, enfin, la création d’un enseignement régional dédié à l’apprentissage du code et au métier du développement grâce à la création de poste d’enseignants et d’équipement des lycées en sont les priorités.

La réduction de l’empreinte écologique et la lutte contre le dérèglement climatique constituent un objectif privilégié de la transition numérique par le soutien à la création d’applications et de services innovants dédiées à la mobilité, à la préservation de la biodiversité, l’économie des ressources naturelles, la protection des terres naturelles et le développement de l’agriculture bio. Mais aussi, la mise en œuvre du plan « Zéro Déchet » grâce à un réseau d’acteurs 2.0 par la création d’une « bourse numérique des déchets » et de plateformes d’échanges, de « troc », pour l’amélioration du recyclage, du remploi et de la rénovation. L’élaboration d’une stratégie de maîtrise énergétique pour l’implantation régionale des DataCenter et leurs connexions. Enfin, l’éco-conditionnalité de la commande publique vers davantage de mutualisation.

La liberté et la citoyenneté doivent être promues et garanties dans un cadre républicain. Pour ce faire, la gouvernance doit évoluer et la co-construction des politiques publiques régionales être engagée. La connexion à Internet qui devient un droit doit être garantie de même que l’accès aux politiques régionales  doit être facilité par la création de la carte francilienne multi-usages (type Navigo). L’évolution digitale des modes de consultation citoyenne et du droit d’interpellation citoyen doit permettre la conduite d’une politique publique régionale participative, dynamique et régulière tout au long du mandat. La création de la Commission Régionale du débat public pourra en être un vecteur. Les politiques et les acteurs culturels et patrimoniaux dont les pratiques, transformées par le numérique, sont à la pointe de l’innovation seront soutenus et valorisés.

L’innovation fait partie de l’écologie comme le bien commun fait partie du numérique. Pour garantir l’efficacité de sa mise en œuvre, les écologistes s’engagent à conduire la transition prioritairement dans ces quatre domaines et proposent une gouvernance repensée et adaptée, ouverte et partagée grâce à la création d’une Vice-présidence chargée du Numérique dans l’exécutif régional. La responsabilité politique francilienne pour les cinq années qui viennent doit reposer sur une ambition forte, un projet clair et une gouvernance renouvelée.

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