Tribune / Le PS se noie, le duo Sarkozy-Le Pen menace : c’est la peste ou le choléra. À moins que…

Tribune parue dans Le Plus, écrite avec Gaetan Mortier;

Le PS se noie, le duo Sarkozy-Le Pen menace : c’est la peste ou le choléra. À moins que…

LE PLUS. Les deux partis principaux français, le PS et l’UMP, sont ressortis affaiblis des dernières élections européennes. Et pour l’heure, seul le Front national semble vraiment en profiter. Pour Gaëtan Mortier, militant écologiste, et Julien Bayou, conseiller régional EELV d’Île-de-France, il est temps que la gauche s’unisse autour d’un vrai projet alternatif écologiste et social.
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Le diagnostic tomba. Monsieur, dit le médecin, vous risquez la peste et le choléra. Que choisissez-vous ?Absurde ? Pas si sûr à en croire les résultats des dernières élections européennes. Las de décennies de mondialisation sauvage, du chômage et de la précarité, las de l’orthodoxie libérale de l’UMP et d’une partie du PS, désillusionnés par le scandale Cahuzac, aigris par les nombreuses affaires qui encerclent le clan Sarkozy, les Français disent non aux rois fainéants.Nombre de français, ne croyant plus la parole des deux grands partis majoritaires, dont ils peinent à voir la différence sur la question économique (notamment), disent non à de ce qu’ils considèrent comme… la peste. Et, par protestation, s’en remettent à l’extrême droite et son « leader charismatique », Jean-Marie ou Marine, que l’on pourrait comparer au… choléra.

Le néo-libéralisme nourrit le repli nationaliste

Le FN, ce parti issu d’un clan dynastique lepéniste qui figure parmi les plus riches de France, ce parti qui deviendra la première force française au Parlement européen sans même y siéger, ce parti qui a historiquement tenu des positions économiques ultra-libérales avant de découvrir les joies du national socialisme, ce parti obtint la majorité des voix aux dernières élections européennes.

Ceux qui ont méprisé les services publics et les milieux associatifs recrutent aujourd’hui gaiement dans leurs rangs, notamment chez des anciens syndicalistes ou leaders d’associations, tout en s’enracinant dans les quartiers rouges.

La peste et le choléra, donc, sont deux maladies évidemment non égales – puisque l’extrême droite est anti-républicaine – mais qui sont cousines puisque l’une (la pensée dominante : le néo-libéralisme) nourrit l’autre (le repli nationaliste).

Les Français, déstabilisés par ce que nous pourrions peut-être appeler la fin de la politique – à en croire la faiblesse des partis et des syndicats et le désintérêt pour la res publica – et la fin de l’utopie post 68, accélèrent ce mouvement d’auto-destruction en… ne votant pas ou en votant « contre ».

Si les politiques sont tous pourris, autant rester chez soi ou bien voter pour les plus pourris, sembleraient-t-ils exprimer. Autant accélérer la déroute de la république, semblent-ils nous dire. Pure folie ? Oui. Pourtant, l’histoire aurait du nous avertir : en temps de crise, gare à la tentation du populisme…

Car la désillusion vis à vis du pouvoir socialiste est immense.

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