Réquisitions, logements sociaux, victoires etc… on est pas à l’abri d’un coup de bol

La façade de l'édifice, au début des travaux en 2010– Mais pourquoi les réquisitions?

– Pour faire passer nos propositions?

– Mais on retient que l’idée de la réquisition du coup ?

– Ce serait déjà pas mal , mais en fait, il semble que non, que les propositions portent.. Rue de la banque, Matignon, l’impasse, Place des Vosges, rue de la Harpe, passage de la bonne graine, bd Montparnasse, rue de Sèvres, de la faisanderie ou plus récemment St Marc à la limite, chacune des grandes réquisitions de Jeudi-Noir illustre une facette différente du mal-logement: la hausse des loyers bien sur, la spéculation des investisseurs institutionnels, la négligence des grands rentiers, la stupidité des dispositifs fiscaux,  la galères des étudiants, le zèle de la maréchaussée plus affirmé pour faire respecter le droit de propriété que le DALO etc;..

Aujourd’hui, on fête une petite victoire issue d’une « réquisition-spectacle », celle du 1er mai 2008, bd Montmartre : cette réquisition d’une journée (on serait bien resté plus longtemps, mais la préfecture est susceptible), a contraint l’immense bailleur Gecina à incorporer des logements sociaux dans son programme immobilier. L’hôtel particulier Mercy-Argenteau accueillera au final 6 logements sociaux, et c’est grâce à Jeudi-Noir et tous les copains présents ce jour là. Plus d’infos ici. Tiens des logements sociaux dans un hôtel particulier, c’est donc possible!

 

Ce 1er mai, c’était une journée un peu folle.

Luzjeudinoir11Un challenge tout d’abord: « Comment réussir une réquisition annoncée en préfecture » 

Retrouvez le récit épique de la journée ici: http://ministeredelacrise.blogs.liberation.fr/logement/2008/05/comment-russir.html

Objectivement, chez Jeudi-Noir on est pas peu fier du déroulé de la « manifestation ».

 

Mais l’objectif de la journée n’était pas tant la réquisition que la mise en avant de nos propositions: opération réussie, avec la mise sur orbite de notre plate-forme de propositions, appuyée, après moult concertation, par une coalition des plus larges!

Alors certes, 4 ans plus tard, Gecina prévoit 6 logements sociaux au lieu de zéro. Victoire.
Mais sur le fond, on en est où ? Et bien ça avance aussi!

Encadrement des loyers, ça avance ! Durcissement de la loi SRU aussi! Surtaxation des logements vacants et application de la taxe aux bureaux (que l’on appellera « Taxe Jeud-Noir » ‘sil vous plaît s’il vous plaît s’il vous plaît », c’est en cours apparemment.

La refiscalisation des intérêts d’emprunts immobiliers et des plus-values immobilières, on l’avait obtenu sous Sarkozy, même lui avait du admettre  que c’était complètement débile.

La privatisation du livret A, évitée aussi.  Et son plafond a été augmenté (de 25% contre une promesse de doublement par le candidat du changement, sans commentaire).

Manque encore la fin des expulsions sans relogement, condition sine qua none si on veut éviter de compter de nouveaux morts de froid cet hiver.

Et l’application de la loi de réquisition de 1945, mais vous voyez que ce n’est pas le tout. Il faut beaucoup plus que ça pour commencer à résorber la question du logement.

L’effet symbolique et psychologique est indéniable cependant: le maire du 9ème, si on le croit, demandait des logements sociaux à Gecina. C’est notre réquisition qui a emporté la décision.

L’impact de quelques dizaines de réquisitions de bâtiments symboliques par les maires ou les préfets ferait l’effet d’un électrochoc salutaire. On a coutume de dire que si réquisition ne ressemblait pas autant à « expropriation », il s’en pratiquerait plus. Il ne s’agit effectivement que de contraindre un propriétaire à louer, donc à percevoir un loyer pour un bâtiment qui lui appartient et qu’il n’utilise pas.

Au-delà du choix individuel et du droit à la propriété, le droit de ne rien faire de sa propriété nuit à l’ensemble de la population en accentuant la pénurie et faisant monter les prix à l’achat comme à la location. Un peu comme quand quelqu’un achète de l’or pour ne rien en faire, ça fait monter le cours de l’or, sauf que l’or ne sert pas à se loger (et qu’un logement conditionne l’emploi, le vote, à l’exercice de la citoyenneté, l’épanouissement, ou même plus prosaïquement la survie;).

Alors si il faut, oublions le mot « réquisition » et appelons ça alors « action publique de mobilisation du parc vacant » si ça passe mieux, tant que le message reste le même!

Cadeau pour finir ce travail de Julien Taylor, sur cette même réquisition  action publique de mobilisation du parc vacant de 2008 bd Montmatre, qui a donc tout à la fois fait progresser  des idées, fourni un toît à 6 ménages (et va via ces logements sociaux peser à la baisse sur les prix du 9ème)… et nous a permis de prendre un pied inoubliable 🙂

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Travail de Julien Taylor, mai 2008

 

 

 

 

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