Benoist Apparu "On fait PAS comme on a dit"
Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat au logement, fait tout ce qu’il faut pour faire diversion.
On le comprend : alors que Jeudi-Noir se rapproche de l’Elysée et que la Fondation Abbé Pierre met la dernière main à son rapport sur le mal-logement (sortie le 1er février), il faut donner le change.
Et la politque du logement c’est un peu comme la confiture, quand on en a pas beaucoup, on l’étale…
Mais là, avec l’annonce d’un “record” de 131.509 logements sociaux financés en 2010, “record absolu depuis 30 ans”, tous les niveaux sont enfoncés. Chacun avec leurs arguments, le DAL ou la Fondation Abbé Pierre relativisent ces chiffres : du faux logement social inaccessible pour la plupart des demandeurs, des logements financés en 2010 mais livrés.. en 2014, ou encore des chiffres bruts qui masquent les ventes, démolitions, réaffectations intervenues pendant l’année.
Mais au moins, vous faites un peu de bruit pour masquer
Autre exemple, pire encore…
Septembre 2010, Toute l’équipe gouvernementale attend le remaniement promis depuis plusieurs mois. Apparu Benoist, secrétaire d’Etat au logement mais qui espère une promotion, fait une visite médiatisée façon Jeudi Noir dans un studette parisienne hors de prix. Belle opération qui lui permet de s’indigner du prix pratiqué et de déclarer dans Libé “je ne suis pas opposé à un plafonnement du mètre carré”
Et le secrétaire d’Etat de donner 6 mois aux professionnels de l’immobilier pour lui faire des propositions, et à défaut de promettre une régulation.
Les professionnels lui répondent non en… 3 jours. Un mois plus tard, le “remaniement” ministériel intervient et sous la houlette du nouveau premier Ministre François Fillon, le tout nouveau Benoist Apparu déboule au secrétariat d’Etat au logement. Benoist Apparu reste à sa place.
Dommage, car il ne lui aura pas fallu longtemps pour manger son chapeau ; Le secrétaire d’Etat s’est également inscrit en faux contre l’idée que les loyers flambent à Paris, estimant qu’il y avait une “confusion” entre les prix de vente, qui “explosent”, et les loyers qui, selon l’indice Clameur, n’ont crû que de 3% en 2010 dans la capitale.”
C’est vrai que +50% en 10 ans… et des hausses de 7% par an en moyenne pour les petites surfaces et les baux meublés entre deux locataires, c’est une “confusion” voila tout.
Mais pour le secrétaire d’Etat “Plafonner les loyers, c’est une préconisation facile, mais j’attends qu’on me sorte l’étude d’impact“.
Et voila un enterrement première classe d’une promesse “facile”.
Vivement qu’il soit enfin promu… et que le gouvernement se dote à la fois d’une vraie politique ET d’un vrai ministre du logement.