Et joyeux Noël ! :)

Génération Précaire – Communiqué de presse du 26 décembre 2010

Pour les jeunes, le Père Noël est toujours une ordure

Du RSA-jeunes trop restricitifs aux stagiaires vendeurs des grandes enseignes : les fêtes de fin d’année sont l’occasion pour Génération Précaire de rappeler que les jeunes restent la première variable d’ajustement en temps de crise.

Alors qu’il était vendu comme une « révolution copernicienne », moins de 4000 personnes bénéficieront du RSA-jeunes en cette fin d’année. Un échec qui souligne l’incapacité du gouvernement à répondre à la situation des jeunes, qui dans un cas sur 5 vivent sous le seuil de pauvreté, et un sur 4 sont en recherche d’emploi voire près d’un sur deux dans les zones sensibles.


La faute de ce fiasco du RSA Jeunes réside dans ses conditions drastiques.
Pour y prétendre, un actif de moins de 25 ans devra avoir travaillé plus de trois ans à temps partiel ou deux à temps plein, puis épuisé tous ses droits au chômage, avant de bénéficier du RSA socle. Génération Précaire et la CFDT ont donc attaqué cette mesure devant le Conseil d’Etat, considérant la limite d’âge comme discriminante, en insistant sur le bizutage social dont sont victimes les jeunes, lesquels doivent travailler plus pour  gagner moins. Réponse du Conseil d’Etat espérée pour la mi-2011.

Alors que le sociologue Camile Peugny  rappelle que le premier emploi fixe en France s’obtient à 28 ans, l’Etat s’obstine à vouloir maintenir la majorité économique aux alentours de 25 ans. En attendant les  dispositifs spécifiques pleuvent : emplois en CAE, CUI, SCV, les acronymes se multiplient mais n’empêchent pas qu’avant 25 ans, pas d’autonomie possible, et qu’entre 25 et 30, l’exil peut apparaître comme la meilleure solution, si l’on veut un travail rémunéré, voyager en train ou aller au cinéma.

En effet, la première source d’emploi des jeunes, les emplois précaires (CDD, intérim, qui représentent 80% des premières embauches), s’est tarie. « Avec la crise, les premières coupes drastiques ont entamé l’emploi des plus jeunes, sans retour en arrière depuis dans des secteurs jusqu’ici riches en emplois saisonniers, notamment à Noël. Cependant, s’il n’y a plus d’emploi, il y a toujours du travail mais il n’est pas payé», constate Carine de Génération Précaire. Aussi, Boulanger, la Fnac, Darty ou encore Décathlon ont remplacé leurs  habituels CDD de renfort lors des fêtes par une armée de stagiaires vendeurs.

Pour fêter Noël, Génération Précaire est allé visiter quelques enseignes prestigieuses, qui jouent de leur réputation pour remplacer leurs vendeurs par des stagiaires motivés, volontaires, souriants, et surtout non soumis aux 35h, au droit du travail, et ne rechignant pas à travailler le dimanche…

Exemple concret : les stagiaires vendeurs de Gallimard. (Annonce ici) Après tout, il est tellement prestigieux de « découvrir l’effervescence d’une librairie au moment des fêtes ». 10 jours de stage au lieu de 10 jours d’interim, le tout sans protection sociale, débouché ni… salaire. Et Joyeuses fêtes !

Face à ces dérives, la réponse de l’Etat reste le silence. Il est possible de faire cadeau de plusieurs milliards aux banques ou aux restaurateurs, mais la génération de demain reste laissée à elle-même.

Quant à légiférer ou lutter contre le travail illégal en donnant des moyens à l’Inspection du Travail ou pénalisant l’abus de stage, comme cela était promis par Valérie Pécresse avant qu’elle ne soit ministre, c’est visiblement un chantier trop vaste pour qu’on s’y attaque avant 2012. Passez cependant de bonnes fêtes et n’oubliez pas de demander à vos conseillers de vente lors des fêtes s’ils sont payés pour le faire !

Pour Génération-Précaire, la solution ne réside pas dans la poursuite des politiques en échec depuis 30 ans. La solution pour l’emploi des jeunes actifs passe par… l’application du droit commun : RSA socle et chapeau étendu sans condition à tous les majeurs), régulation des stages (et développement de l’apprentissage en lieu et place des stages longs), pour que les jeunes actifs bénéficient d’une vraie rémunération, du droit du travail et de la protection sociale, conditions nécessaires pour une véritable indépendance.