Procès du bâtiment rue de Sèvres le 29 novembre

Combien cela coûte-t-il de se battre pour avoir un logement ?
Procès du bâtiment rue de Sèvres le 29 novembre
Rendez-vous à 13h30 devant le Palais de Justice, métro Cité.

Huit étudiants qui ont occupé un immeuble abandonné depuis 10 ans au 69 rue de Sèvres à Paris risquent de devoir verser 460 000 €
à la propriétaire des lieux, millionnaire et exilée fiscale.

Un immeuble de logement abandonné en plein cœur du 6e arrondissement de Paris, c’est déjà un scandale.
Quand la propriétaire des lieux le laisse vide plus de 10 ans et possède également d’autres logements, dont une villa à Neuilly-sur-Seine, vide depuis 25 ans, et qu’elle n’avance aucun projet sur ces bâtiments, c’est une aberration.
Quand cette propriétaire est multi-millionnaire et domiciliée fiscalement en Belgique, alors qu’elle réside en France, c’est une caricature.
Et quand cette « citoyenne modèle » réclame 458 962,77 € à huit étudiants précaires qui se sont logés pendant un an dans son immeuble abandonné, c’est quoi ? Une honte.

458 962,7€, dont 311 500€ pour « indemnité d’occupation », et quelque 150 000€ de « frais de remise en état ». En réalité, les squatteurs n’ont causé aucun préjudice, car depuis un an et demi qu’ils ont quitté les lieux, la propriétaire ne les a ni loués ni vendus. Les prétendues « dégradations » sont une invention de la propriétaire, les constats d’huissiers établis par les occupants le prouvent, de même que les nombreux reportages dont l’occupation à fait l’objet. L’immeuble était dégradé par les 10 ans d’abandon, et la propriétaire espère simplement faire payer aux mal-logés la remise à neuf de son bien (notamment l’ajout d’un ascenseur).
Comme le collectif Jeudi Noir en a l’habitude, les huit étudiants ont proposé dès le début de l’occupation en mars 2008 à la propriétaire de lui payer un loyer, et se sont engagés à quitter les lieux dès qu’elle en avait besoin pour louer, vendre ou faire des travaux. Mais la réponse ne fut pas celle espérée : la propriétaire a fait condamner les étudiants à lui payer 80 000€, qu’elle a commencé à saisir sur les comptes bancaires des habitants. Un an et demi après que les squatteurs lui ont rendu son immeuble, elle continue à faire des saisies, et réclame auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris une réévaluation de la somme à 450 000€.

Les habitants ont reçu le soutien de nombreuses personnalités : le député UMP Etienne Pinte, le Maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ancien Haut-Commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch, Monseigneur Gaillot… Même le Maire UMP du 6ème arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, pourtant critique à l’égard du collectif Jeudi Noir, a condamné officiellement le comportement de cette propriétaire particulièrement acharnée.

Après plusieurs décisions sévères, si le tribunal donne une nouvelle fois raison à la propriétaire et punit ceux qui ont préféré occuper des logements à l’abandon plutôt que de mettre fin à leurs études, ce n’est pas seulement huit étudiants qui verraient leur avenir lourdement plombé. Ce sont tous les mal logés qui recevraient ce signal : « Les plus riches peuvent vous priver de logement si tel est leur bon plaisir et si ça ne vous plait pas, vous le paierez très, très cher. »

Le procès aura lieu lundi 29 novembre 2010 au Tribunal de Grande Instance de Paris.
Rendez-vous à 13h30 devant le Palais de Justice, métro Cité.

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