Revue de presse / L'Express – Squat de la Place des Vosges: "Un répit avant l'expulsion"

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Squat de la Place des Vosges: « Un répit avant l’expulsion »

Par Laura Thouny, publié le 16/09/2010 à 19:14

La justice propose une médiation entre Jeudi noir et la propriétaire de l’hôtel particulier occupé. La réaction de Julien Bayou, membre du collectif.

Squat de la Place des Vosges: "Un répit avant l'expulsion"

AFP/FRANCOIS GUILLOT

Julien Bayou, militant de l’association Jeudi Noir.

Une médiation – comme proposé par la cour d’appel de Paris – vous semble-t-elle être une bonne solution?

Oui, nous sommes très contents. C’est un répit avant l’expulsion. Le juge a demandé à ce que l’on fasse preuve de pragmatisme dans cette affaire: il a donc offert une médiation que nous avons d’ores et déjà acceptée. Nous proposons de rester dans le bâtiment, tout en l’entretenant, jusqu’à ce que les travaux prévus par la propriétaire débutent, c’est-à-dire dans deux ans.

L’avocate de la propriétaire a, quant à elle, refusé l’accord. Mais le juge lui a accordé deux semaines de réflexion. Si la partie adverse refuse cette médiation, le juge demandera peut-être à ce que l’amende – les 35 étudiants et travailleurs précaires occupant l’immeuble ont été condamnés à verser environ 200 000 euros – soit revue à la baisse.

On vous reproche de dégrader les lieux et d’empêcher la mise en oeuvre des travaux de rénovation. Que répondez-vous à ces accusations?

C’est faux. Au contraire, nous entretenons cet hôtel particulier. Un bâtiment s’abîme beaucoup plus vite lorsqu’il est vide, et celui-ci est inoccupé depuis 45 ans. Nous avons par exemple fait disparaître les arbustes qui abîmaient la terrasse et nettoyé les fientes de pigeon qui recouvraient le plancher – classé patrimoine historique.

Nous ne bloquons pas les travaux puisque ceux-ci ne pourront débuter que d’ici deux ans, le temps de mettre en oeuvre les processus d’instruction nécessaires à la rénovation d’un bâtiment historique. Preuve en est: pour financer les travaux, la propriétaire est en train de vendre un autre de ses biens immobiliers. De plus, dans le passé, à deux reprises, lors de l’occupation de bâtiments similaires, nous avions libéré les lieux aussitôt les travaux débutés.

Pourquoi persistez-vous à occuper cet hôtel particulier?

Il y a un attentisme et une inefficacité terrible de la part du gouvernement sur la question du logement. On laisse les prix de l’immobilier exploser, les ministres se penchent sur le sujet que lorsqu’un SDF meurt dans la rue… Nous voulons montrer que retirer un bâtiment du marché de l’immobilier et le laisser vide, c’est contribuer à la flambée des prix.

Notre action permet également à 35 étudiants et travailleurs précaires d’avoir un logement, là où les prix sont complètement inabordables. Ce sont des militants courageux qui ont pris des risques pour dénoncer cette problématique: ces personnes se retrouvent aujourd’hui avec une dette de près de 200 000 euros, leurs comptes ont été saisis, certains sont interdits bancaires. Il ne sont pas là pour profiter d’un logement gratuit: ils voudraient payer un loyer, mais avec les prix de l’immobilier et les conditions drastiques de location à Paris, c’est impossible.

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