Taser et police municipale
Jeudi soir, j’étais l’invité de Public Sénat pour débattre avec le Syndicat National des Polices Municipales (CFTC majoritaire je crois) de l’autorisation du Taser pour les polices municipales.
Avec RAIDH – Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (www.raidh.org), on est contre bien sur. On a tout d’abord obtenu que le Taser ne soit pas en vente libre, puis gagné contre la marque qui nous accusait de “outrepasser notre liberté d’expression” (Taser fait appel, procès le 2 juin) et surtout on avait obtenu en Conseil d’Etat que le décret autorisant les polices municipales à s’en doter soit annulé.
Mais “à la faveur” (sic) d’un fait divers tragique, la mort il y a peu d’une policière municipale prise dans une fusillade, Voila-t-y pas que Brice Hortefeux remet le décret en route.
Tant pis si la policière était armée par ailleurs et si les coups de feu ont été echangés dans un cadre qui n’avait rien à voir avec les missions dévolues à la police municipale de villiers sur marne; Vraiment sordide, mais s’agiter pour s’agiter, c’est toujours ça de pris. Mais le malaise dans la police (manques de moyens, suicides de policiers) ET entre la police et la population (défiance, hausse des gardes à vue sans justification…) ne se résoudra pas par un armement avec des gadgets chers et dangereux, il faudra revenir sur la politique du chiffre et revenir sur l’abandon de la police de proximité.
Du coup, en attendant, chez RAIDH on est reparti pour à nouveau contester le décret en Conseil d’Etat (on a deux mois); Cette fois-ci avec le “soutien” de l’ONU qui vient à nouveau de se prononcer : Le Comité contre la torture réitère ainsi « sa préoccupation, selon laquelle il s’inquiète de ce que l’usage de ces armes peut provoquer une douleur aigüe, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort ».
Affaire à suivre.